La tendance Culturelle du Malamok

 

Chers-es adhérent-es

Il ne vous a peut être pas échappé que le Malamok a fortement réduit sa saison culturelle. Face à une forte incertitude financière, le bureau et moi-même n’avons pas hésité à annuler 6 spectacles d’envergure.

Nous avons fait le choix d’orienter la saison sur de l’éducation populaire avec des conférences et des films qui ponctuent les spectacles. Ces conférences offrent une opportunité aux adhérents d’acquérir des savoirs de façon ludique.

« L’éducation du peuple, par le peuple, pour le peuple », nous organisons des cycles de conférences sur l’éducation populaire afin de guider les publics vers celle-ci. L'Éducation populaire est destinée à concourir à la constante transformation du territoire et contribue à la vision d’une société plus juste et solidaire. Elle tient donc sa place dans notre politique culturelle pour renforcer la capacité de la culture à participer à la transformation sociale sur le territoire du Pays Bigouden.

A travers ces conférences nous désirons défendre une conception globale et dynamique de la culture en prenant compte l’homme et son environnement. Nous nous intéresserons donc à la culture Bretonne berceau de notre région.  Notre objectif est de sensibiliser les individus aux quatre missions convergentes de l’éducation populaire, à savoir : la conscientisation, l’émancipation, l’augmentation de notre puissance d’agir ainsi que la transformation de soi et des rapports sociaux de politique.

Les spectacles, quant à eux sont tout public avec une offre accrue en jeunes publics. Bien évidemment le spectacle vivant ouvre l’esprit et concourt au développement et à l’épanouissement de l’enfant. Tous les enfants n’ont pas forcément accès aux spectacles avec leur famille le Malamok a réduit ses tarifs et s’est donné pour mission de proposer une offre accessible à tous – en moyenne 3 à 4 spectacles par an de qualité et adaptés à tous les âges.

Une diffusion de spectacles spécialement dédiés au jeune public renforce notre projet artistique et tend à viser un intérêt tout particulier à la question de la jeunesse, à travers les missions du Malamok de diffusion artistique, d’action culturelle et d’irrigation du territoire. Il s’agit donc de prendre notre place, parmi tous les autres, pour travailler en partage, pour interpeller les jeunes, questionner et tenter de comprendre leur univers.

Notre souhait est de faire se croiser des préoccupations d’artistes avec celles de la jeunesse, d’en faire éclore questionnements et interprétations sensibles, de mettre au jour lectures politiques, sociologiques, philosophiques, psychologiques. A travers ses projets artistiques, le savoir-faire de son équipe, la qualité de ses équipements et les réflexions autour du jeune public, le Malamok ambitionne d’être un centre ressource pour des partenaires professionnels de la culture et de l’éducation comme pour les responsables territoriaux, que ce soit par la diffusion des spectacles, la construction d’actions culturelles ou la mise en œuvre de réflexions sur la question de jeunes publics. Dans ce sens, le Malamok entend mettre en place un certain nombre d’actions en lien avec des publics et des populations. Des pratiques artistiques à l’école ou les centres de loisirs, des ateliers de création, des temps forts et des rencontres autour de spectacles, des actions décentralisées pour se rapprocher des populations, mais aussi des débats, des recherches et rapportages d’expériences…

Le spectacle vivant, l’expression artistique véhiculée à l’intention du jeune public est un outil merveilleux destiné à ouvrir les yeux de l’enfant sur le monde qui l'entoure,  à transmettre des valeurs pour en faire un citoyen indépendant et à nourrir et à fonder un dialogue avec les adultes. Les spectacles jeunes publics sont également  de formidables outils pédagogiques pour les écoles du territoire.

En 2015, le constat est celui d’un paysage culturel bigouden fortement densifié avec la présence d’équipements culturels dans le territoire qui s’ajoutent aux projets déjà existants :

  •  la salle de Cap Caval à Penmarc’h commune limitrophe du Guilvinec
  • la salle Avel Dro à Plozevet 
  • le Triskell à Pont l’Abbé.

A cela s’ajoutent les diffusions de spectacles Arts de la Rue à Plobannalec et, dans une moindre mesure, les initiatives d’amateurs ponctuelles du LAC à Loctudy.

Le Malamok n’est donc plus l’unique salle du pays bigouden. Nous avons autour de nous ces salles avec lesquelles nous travaillons sous le label de la FADOC. Nous travaillons ensemble le calendrier annuel et chaque salle oriente sa politique sans concurrence aucune en développant sa propre identité. Cependant, le Malamok est une association loi 1901 indépendante alors que le Triskell et Cap Caval sont des structures communales. Les budgets sont significativement différents.

Le Malamok a fait le choix du pluralisme esthétique, malgré les baisses considérables de notre budget global, avec des jeunes publics, des conférences, du théâtre de la musique du monde (dont la musique bretonne lors du Tarzh Mor) du cirque, de la danse etc.

La pluridisciplinarité est conçue non comme une juxtaposition mais selon des lignes de programmation et un calendrier qui favorisent la rencontre, la collaboration des disciplines et le croisement des publics. C’est important.

On pourrait reprocher le manque de « têtes d’affiches ». Le Malamok n’est pas en mesure de mobiliser un budget le permettent car un spectacle comprend le prix de cession de l’artiste – et les têtes d’affiches sont chères- et à cela s’ajoutent la location de matériel, les intermittents, la location des instruments, du matériel nécessaire à la bonne conduite des spectacles, les hébergements, les repas, les transports, la SACEM, la SACD et autres taxes liées aux spectacles.

Nous avons donc orienté nos choix sur de la découverte d’artistes émergents et de propositions artistiques originales.

Il s’agit, in fine, d’assurer la rencontre artistique et culturelle entre l’art sur scène et les populations : habitants géographiquement éloignés, populations défavorisés, populations culturellement peu ou pas concernées par la pratique culturelle liée à la venue au théâtre, jeunes, adolescents, seniors, citoyens socialement ou économiquement en difficulté, toutes et tous font l’objet d’une attention particulière, dans un souci d’exercice qualitatif de la vie associative mais aussi dans l’exigence d’une médiation citoyenne.

Rendre accessible le spectacle vivant au plus grand nombre est l’axe central de la démarche incarnée au fil des saisons par la parole d’artistes engagés au quotidien auprès de l’équipe du Malamok.

J’espère que la saison vous plaira malgré la forte réduction de spectacles. Elle est néanmoins très riche. Je vous invite à la découvrir au fil de votre navigation sur notre site ou à l’accueil du Malamok. Vous pouvez également me rencontrer et discuter avec moi. C’est le rôle du Directeur du centre social et culturel que de vous rencontrer et de discuter, partager, débattre et échanger.

 

Je vous attends nombreux lors de nos spectacles et/ou conférences.

 

Cédric Boudjema

Directeur du Malamok